
Découvrez le travail contemporain de Ludovic Bourgeois

Ludovic Bourgeois est un artiste français né à Paris en 1969.
Travaillant avec la photographie, le film, les installations vidéos et différents supports tels que le textile et plus récemment le bois et la céramique.
Il vit et travaille en France.
Après une formation de photographe praticien à l’Ecole Supérieure de Photographie de Toulouse, l’Etpa, Ludovic Bourgeois quitte sa ville d’adoption pour Paris en 1993 il y sera assistant de photographes notamment de Ludovic Carème son binôme à l’école d’art, ou encore Jean-Christian Bourcart , Denis Darzaq. Il y demeurera jusqu’en 2010.
Très influencé par la culture underground américaine des années 60-70, il explorera et expérimentera durant cette période parisienne plusieurs medium artistiques, diffusant son travail dans différents lieux underground et squats de l’époque, utilisant différents pseudos pour se produire. Avec l’arrivée en France de la scène Free Party Anglaise, il projettera une partie de son travail sous forme de vjing, principalement « Something special for you – Génération X » série photographique autobiographique sur cette fin de siècle annoncée et également le film « fin de siècle » montage d’images d’archive et de larsens vidéo de plusieurs heures. En 1995, après avoir vu cette série en cours, l’artiste plasticien, vidéaste et designer, Pierre Huygues, lui demande d’être directeur de la photographie de son premier long-métrage « Remake ». Première expérience cinématographique ou l’amateurisme demandé pour l’esthétisme de ce projet, lui fait aborder une autre façon de travailler, plus instinctive, plus accidentelle, qu’il gardera par la suite.
Rencontres et collaborations jalonnent ainsi son parcours et nourrissent ses explorations artistiques. Jacques Monory laissera son empreinte esthétique, une autre rencontre importante pour lui, celle de l’écriture avec le dramaturge et metteur en scène Eugène Durif. En 2007 ce dernier lui donne carte blanche pour réaliser la scénographie de sa pièce de théâtre « A même la peau » mise en scène par Karelle Prugnaud, s’ensuivra une collaboration sur « La femme assise qui regarde autour », en tant que comédien et plasticien.
Il restera 17 ans à Paris durant lesquelles en parallèle de ses activités photographiques et artistiques il évoluera également dans l’univers de la mode, de la presse, du théâtre ou encore du cinéma. En 2008 sa fille Lou nait, il quitte définitivement Paris l’année suivante pour s’installer dans une ancienne gare, au pied de Sancerre.
En 2012 il approfondit encore un peu plus le champ de l’intériorité, questionne la mémoire, thématique que l'on retrouvera présente dans tout son travail. Il crée la série « Journal d’une illusion » autour de son histoire familiale et de son enfance. Il poursuit et étaye sa démarche introspective et contemplative avec la série « Balance » moins narrative, plus abstraite, prémices du projet Arboraisthésis, « Anxiogène » série où il commence à aborder la notion d’écologie et plus généralement pour lui, de survie. Dernièrement, il revient à un esthétisme qu’il avait expérimenté dans les années 90. Avec la série Eros il séquence un roman étrange, mirage du réel, vertige d'un instant, souvenir envolé. Travail sur l’empreinte, la mémoire corporelle, l’emprise.
Quand au projet « Arbôraistêsis» commencé en 2014, il est une parenthèse ouverte dans son travail, il y questionne la cognition, les représentations, l’imaginaire, les sens, le vivant, notre mémoire reptilienne… Les acteurs principaux étant les arbres, l’eau, l’atmosphère, la terre, la pierre, la planète elle-même.
Artiste visuel polymorphe et réflexif, Ludovic Bourgeois ne limite pas son champ de vision et ne se veut assujetti à aucune identité « marketée ». Il photographie de manière instinctuelle et manipule divers supports travaillant image argentique comme numérique, textile, grattage, peinture, collage, installation vidéo. L’outil est moyen et non fin vocable d’un langage visuel qui lui sert à sonder, traduire les espaces, les temps, les matières, un tout où rien singulier et signifiant, in situ et en mouvement.
"Photographe de l’existence, Ludovic Bourgeois explore, documente, portraiture et prend la mesure du monde qui l’entoure depuis plus de 30 ans. Né à Paris en 1969, il vit et travaille en France. Son récit autobiographique se confond avec ses recherches esthétiques. L’artiste navigue dans une société à la dérive et fixe ses propres repères dans la pellicule. Son regard affûté perce la surface du sujet pour en extraire le sens, l’allégorie, le sous-jacent. Derrière l’objectif, le photographe projette ses questionnements, ses fantasmes, ses illusions et désillusions. Il n’est pas un témoin passif de la scène qu’il immortalise. Ses prises de vues sont des moments vie captés sur le vif. La photographie est nerveuse, intuitive et profondément vivante. L’atmosphère, les tensions, la fragilité du moment, l’artiste nous fait ressentir toute l’ambivalence des thèmes qu’il aborde. Les marges, les paradis artificiels (Génération X), les pulsions, la sexualité, l’identité, le genre, les racines (Memories, Journal d’une illusion), la métaphysique (Arbôraistêsis's project), les rapports de classes (Emmaüs), son spectre est large et prend le contre-pied de notre société normée. Il puise ses influences dans les mouvements de contre-culture des années 60/70 et en particulier l’underground américain. Son expérience des milieux alternatifs est déterminante dans son cheminement intellectuel/artistique et sa quête d’affranchissement. Ludovic Bourgeois sort du cadre, mixe les médiums et croise plusieurs langages artistiques. Sa plasticité est mordante. Photographie argentique et numérique, vidéos, installations, films, questionnent un univers d’une remarquable complexité. Son point de vue oscille entre micro et macrocosme, introspection et contemplation. L’artiste recherche l’équilibre, le point et le contrepoint, l’image et sa projection mentale. Comédien, metteur en scène, plasticien, sa sensibilité est plurielle et s’exprime avec fluidité. Ludovic Bourgeois créé comme il existe. Son art ne suit pas une trajectoire linéaire, il emprunte des sentiers détournés, se perd parfois pour mieux se retrouver. Un voyage intérieur qui nous emporte en un battement de cœur."
Andréas Alberti.